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Faute de campagne promotionnelle, le secteur n'arrive pas à fidéliser les touristes en cette période. * C'est la vie en ralenti...le concept « haute et basse saison » est vécu comme une fatalité immanente* Contraste : la Tunisie va dépenser 3 millions d'Euros pour une campagne promotionnelle.
Le Maroc, notre concurrent direct, dépensera, lui dix fois En 2008, la Tunisie est déclarée « 3ème plus bel endroit à visiter », Djerba « meilleure destination », et un hôtel de l'île a reçu « le Holiday Award » pour 2007. Même si, globalement, les chiffres concernant les scores réalisés par le tourisme sont bons, il faut apporter quelques nuances à ces satisfactions. Les statistiques publiées, à l'échelle nationale montrent des reculs dans certains marchés européens , une diminution de 19% des Anglais, de 13% des Italiens, et de 13% des Espagnols. Il faut corriger les insuffisances, combler les failles, trouver les solutions adéquates pour regagner des marchés qui risquent de nous échapper, et surtout en conquérir d'autres. Prendre notre part de ce développement exponentiel du tourisme mondial : 700 millions en 2004, 800 millions en 2005, 840 millions en 2006, et ce malgré l'envol du pétrole et la chute vertigineuse du dollar. On peut parfaitement aligner une suite de chiffres, des pourcentages, pour montrer nos progrès, soit en nuitées, soit en nombre d'entrées, comparer ainsi les avancées réalisées, d'année en année, même en « basse saison », cette période de janvier à la mi-mars, qui marque quand même une diminution sensible de l'activité de ce secteur. Derrière ces chiffres se cache une autre réalité, l'emploi contractuel, l'emploi non qualifié, qui se trouvent en première ligne à subir tout aléa. Un peu plus de six millions et demi de touristes en 2007, avec un peloton de trois nationalités en tête. Les Libyens loin devant, avec un million et demi de visiteurs, suivis des Français, un million trois cent mille, puis viennent les Algériens avec un million d'entrées, suivis des différentes nationalités. Il faut comprendre que tout ce monde n'arrive pas à la même période, ne vient pas au pays pour les même raisons. Pour l'écrasante majorité des Libyens, ce sont de très courts séjours, pour des soins de santé, pour des contrôles médicaux, des opérations chirurgicales et autres traitements, de dialyse ou de chimiothérapie. Peu, très peu demeurent dans les hôtels ; ils préfèrent louer chez l'habitant, c'est moins cher, ils peuvent y résider en famille et ça arrange tout le monde. Ni fisc, ni taxe, ni redevances. Un marché juteux : il faut voir la quantité de rabatteurs qui stationnent devant les cliniques de Sfax et de Djerba, et qui proposent des tas de services aux Libyens. On ne trouve donc aucune trace de cette population dans les statistiques des « nuitées », ce qui fausse tout par rapport aux « arrivées » !!. L'Office National du Tourisme Tunisien prévoit de construire un important centre d'accueil du côté de Dhiba pour informer cette importante masse des possibilités d'hébergement dans les hôtels, avec même un système de réservation sur place. Une façon de remplir les manques de basse saison. plus ! Quelques rares hôtels sont arrivés à fidéliser une clientèle européenne plutôt du troisième âge, et qui vient séjourner pendant cette période de vaches maigres. Ceux que les professionnels du coin appellent les « revenants ». En fait, des touristes qui trouvent dans ces hôtels ce qui manque parfois ailleurs : affabilité des employés, service discret et impeccable, connaissance parfaite des goûts, des désiratas, petit bouquet de fleur et gâteau d'anniversaire, réservation de la même table durant tout le séjour, le même serveur à disposition, etc. Des petits riens qui font la différence. Et surtout, pas de harcèlement, du genre « mon cousin vend des tapis ou des bijoux berbères, il vous fera un prix ». Certains sont là chaque hiver, depuis plusieurs années. Ils préfèrent passer ces deux mois à Djerba plutôt que dans la froidure de Bruxelles, Strasbourg ou Dusseldorf. Un choix économique aussi. Et ils le prouvent chiffres en main : si on comptabilise le caddie de provisions hebdomadaires, le montant de la note du chauffage, la facture de la consommation électrique, sans y ajouter les transport et les petits à côté, on dépasse de très loin le prix du séjour, prix d'avion compris, et on fait même des économies. C'est donc d'abord un calcul économique A titre indicatif, et pour l'ensemble de la région Djerba-Zarzis, le taux d'occupation est de 32% pour février 2007 et de 33% pour février 2008. Ainsi, pour limiter les dépenses, sur les 132 hôtels de Djerba-Zarzis, une quinzaine d'entre eux sont actuellement totalement fermés. Une décision pas toujours facile à prendre, pas bonne pour l'image de l'entreprise. Alors, d'autres « ferment » de façon déguisée, et il est impossible ainsi de les classer dans cette catégorie. L'astuce ? Un hôtel composé de quatre « unités » par exemple, décide de « mettre en veilleuse » trois d'entre-elles et continue de fonctionner avec une seule !! Ainsi, officiellement, il n'est pas fermé, il continue de « recevoir » éventuellement quelques clients. C'est pendant cette période de basse saison, qu'on fait de la maintenance, qu'on répare, qu'on transforme, qu'on embellit, qu'on modernise, qu'on se met à niveau. Normalement du moins. Mais en même temps, on profite de cette période pour « donner », pratiquement impérativement, les congés annuels aux employés titulaires, 40 % de l'ensemble du personnel, conformément à la loi. Le reste ?? 60 % de vacataires et de contrats à durée déterminée donc. Ceux-là, en basse saison, ou en cas de fermeture, « on les rappellera en cas de besoin »... D'ailleurs, un important hôtelier de la place me le dit clairement : « Le besoin en main d'œuvre est lié à la conjoncture. Elle est prévisible même. L'hôtelier doit avoir un minimum de main-d'œuvre qualifiée comme la loi l'exige. Le chômage saisonnier touche les gens peu, moyennement, ou pas qualifiés. Nous avons besoin de cette main-d'œuvre secondaire. N'oubliez pas que certains hôtels travaillent 12 mois sur 12, d'autres sont liés à des TO qui ne travaillent que quelques mois, ou juste pour une durée déterminée » |